La fréquentation touristique de La Réunion en chiffres
Année 2025 et premier semestre 2026 · source Observatoire régional du tourisme · mis à jour le 19 septembre 2026
580 675 touristes extérieurs en 2025, un record malgré un début d'année contrarié par un cyclone et une épidémie de chikungunya ; puis une pause au premier semestre 2026, avec des recettes pourtant au plus haut. Voici ce que disent les enquêtes de l'Observatoire régional du tourisme, et ce qu'un hébergeur peut en tirer.
2025 : une année record
La Réunion a accueilli 580 675 touristes extérieurs en 2025, soit 24 141 de plus qu'en 2024 et une progression de 4,3 %. Le résultat est d'autant plus notable que la saison a démarré sous un cyclone et une épidémie de chikungunya. Les recettes du tourisme extérieur suivent : 483,7 millions d'euros, en hausse de 3,2 %, là aussi un record.
La progression est répartie sur toute l'année. Le premier trimestre reste stable à 151 401 touristes, le deuxième, traditionnellement creux, remonte à 120 883, le troisième progresse nettement (144 270, +6,8 %) et le quatrième, haute saison, atteint 164 122 visiteurs (+4,4 %).
La saisonnalité, mois par mois
Janvier reste le pic absolu (69 301 touristes en 2025), porté par les vacances australes et les retours affinitaires. Juin est le creux net de l'année : 32 185 touristes, moitié moins qu'en janvier. C'est précisément l'écart que la politique de désaisonnalisation cherche à réduire.
Ce qui a changé depuis 2017
La comparaison avec le millésime 2017, souvent cité comme référence d'avant-crise, éclaire la nature de la croissance réunionnaise.
| Indicateur | 2017 | 2025 | Écart |
|---|---|---|---|
| Visiteurs extérieurs | 551 000 | 580 675 | +5,4 % |
| Nuitées marchandes | 4,0 M | 4,598 M | +15 % |
| Dépense globale par ménageHors billet d'avion | 1 976 € | 2 203 € | +11,5 % |
| Part de l'hôtellerie classéeHébergement principal | 21,4 % | 19,5 % | −1,9 pt |
| Recommandation de la destination | 99 % | 98,1 % | stable |
Trois enseignements. Les nuitées progressent trois fois plus vite que le nombre de visiteurs : on vient un peu plus nombreux, mais surtout on reste plus longtemps. Les dépenses suivent, à un rythme voisin de l'inflation. Et la part de l'hôtellerie classée recule pendant que le volume global augmente, ce qui confirme que la croissance s'est absorbée dans le meublé. Enfin, la recommandation reste au sommet depuis huit ans : le produit tient, c'est le prix qui interroge.
D'où viennent les visiteurs
| Bassin | Touristes | Part | Évolution |
|---|---|---|---|
| HexagoneMarché principal | 476 129 | 82 % | +5,9 % |
| Zone océan IndienMayotte, Maurice, Madagascar | 62 009 | 10,7 % | −4 % |
| Europe hors HexagoneAllemagne, Belgique, Suisse | 33 248 | 5,7 % | +2,8 % |
| Reste du mondeUne trentaine de pays | 9 289 | 1,6 % | — |
Dans le détail du bassin indianocéanique, Mayotte pèse 30 701 touristes (−2,4 %), Maurice 20 897 (−9,4 %) et Madagascar 5 607, stable. Côté hexagonal, l'Île-de-France fournit 22,2 % des visiteurs, devant Occitanie (11,7 %), Auvergne-Rhône-Alpes (11,5 %) et Nouvelle-Aquitaine (10,8 %).
Pourquoi ils viennent
Trois motifs structurent la demande, et ils n'ont pas les mêmes besoins d'hébergement.
- Agrément · 284 203 touristes (49 %)
- Vacanciers au sens classique. Séjour moyen de 16 jours, dépenses les plus élevées : 2 911 € par ménage hors billet d'avion
- Affinitaire · 248 087 touristes (42,7 %)
- Visite à la famille ou aux amis. Séjour le plus long, 21 jours, majoritairement hébergé chez les proches : 1 721 € par ménage
- Affaires · 38 769 touristes (6,6 %)
- Séjour de 19 jours en moyenne, hôtellerie dominante (39,4 % des nuitées hôtelières)
Un point souvent sous-estimé : 43,6 % des visiteurs découvrent l'île pour la première fois, soit 253 363 personnes en 2025. La destination continue donc de recruter, elle ne vit pas seulement de ses fidèles.
Où ils dorment : la location saisonnière en tête
C'est le chiffre qui intéresse directement les propriétaires. L'hébergement marchand représente 56,5 % de l'hébergement total en 2025. À l'intérieur, la location saisonnière (24,3 %) devance l'hôtellerie classée (19,5 %), et l'écart se creuse : au premier semestre 2026, la location monte à 28,5 % contre 16,9 % pour l'hôtellerie. C'est la sixième année consécutive où la location saisonnière est le premier mode d'hébergement marchand de l'île.
| Mode d'hébergement | Nuitées | Séjour moyen |
|---|---|---|
| Parents et amisNon marchand | 6 091 000 | 24 j |
| Location saisonnièrePremier hébergement marchand | 2 871 000 | 20 j |
| Hôtel classéMarchand | 1 134 000 | 10 j |
| Gîtes rurauxMarchand | 207 000 | 9 j |
| Chambres et maisons d'hôtesMarchand | 200 000 | 9 j |
| Résidence de tourismeMarchand | 95 000 | 18 j |
| Gîtes de randonnéeMarchand | 34 000 | — |
Sur longue période, la bascule est franche : les nuitées en locations saisonnières sont passées de 1,03 million en 2019 à 1,47 million au premier semestre 2026, quand l'hôtellerie classée reculait de 409 000 à 387 000 nuitées sur les mêmes semestres. Autrement dit, la croissance du tourisme réunionnais s'est faite dans les meublés, pas dans les hôtels.
Combien ils dépensent
Dépense moyenne par ménage pendant le séjour : 1 576 €, à quoi s'ajoutent 2 269 € payés avant le départ, billets d'avion compris. Hors transport aérien, la dépense globale moyenne atteint 2 203 € par ménage, et grimpe à 2 911 € pour la clientèle d'agrément. Les visiteurs européens dépensent le plus sur place (1 669 €), ceux de la zone océan Indien le moins (1 084 €).
L'offre d'hébergement de l'île
Au 31 décembre 2025, La Réunion compte 1 199 établissements et 17 340 lits touristiques, campings non compris. La comparaison avec la demande est éclairante : la première catégorie par le nombre de lits n'est plus l'hôtellerie.
| Catégorie | Établissements | Lits | Lits en 2005 |
|---|---|---|---|
| Meublés classés et ClévacancesLocatif | 656 | 6 111 | 3 694 |
| Hôtels et résidences de tourisme classésHôtellerie | 66 | 6 332 | 5 886 |
| Gîtes d'étape et de montagneRandonnée | 99 | 1 990 | 780 |
| Hébergements non classésLocatif | 287 | 1 820 | 670 |
| Villages de vacancesCollectif | 2 | 519 | 704 |
| Chambres d'hôtes labelliséesChez l'habitant | 48 | 372 | 589 |
| Gîtes ruraux Gîtes de FranceLocatif labellisé | 41 | 196 | 528 |
En vingt ans, le meublé classé a gagné 2 400 lits et les gîtes d'étape et de montagne ont plus que doublé, pendant que les chambres d'hôtes labellisées et les gîtes ruraux Gîtes de France perdaient les deux tiers de leur capacité. L'hôtellerie, elle, a progressé de 8 % seulement, avec 62 établissements classés dont 5 cinq étoiles et 16 quatre étoiles.
Où sont les lits, commune par commune
La concentration est forte : Saint-Paul à elle seule pèse 5 575 lits, soit près d'un tiers de la capacité de l'île, devant Saint-Pierre (1 644), Saint-Denis (1 519), Cilaos (1 472), Saint-Leu (1 215) et Le Tampon avec la Plaine des Cafres (1 066). À l'autre bout, Le Port n'offre que 4 lits touristiques recensés, Sainte-Suzanne 65 et Saint-André 140. Pour un propriétaire, la lecture est immédiate : la concurrence n'est pas la même à Saint-Gilles et à Bras-Panon.
Le poids économique du tourisme
Les comptes du tourisme produits par le CEROM donnent la mesure réelle du secteur, et corrigent une idée reçue tenace : le tourisme réunionnais vit d'abord de ses propres habitants.
La consommation du tourisme intérieur atteint 1,8 milliard d'euros en 2019, dont 63 % générés par les Réunionnais eux-mêmes, contre 60 % en 2010 et 50 % en 2005. La clientèle locale contribue pour plus de 80 % à la progression de la consommation touristique : les dépenses des résidents augmentent deux fois plus vite que celles des visiteurs extérieurs (+4,5 % contre +2,3 % par an).
Cette structure distingue nettement La Réunion des autres destinations insulaires. Aux Canaries, plus des deux tiers de la consommation touristique viennent de l'extérieur ; ce poids monte à 75 % aux Fidji, 91 % à Maurice et 99 % aux Maldives. La Réunion se rapproche davantage de l'Espagne (53 % de clientèle locale) ou de l'Australie (75 %). Conséquence pratique : le marché réunionnais est moins exposé aux chocs extérieurs, mais aussi moins rémunérateur au voyageur.
Le tourisme représente 3,3 % de la valeur ajoutée totale de l'île en 2019, en progression de 0,6 point sur 2010. C'est deux fois le poids de l'énergie, de l'eau et des déchets, et davantage que les industries agroalimentaires ou l'agriculture et la pêche. Mais on reste loin des Canaries (23,2 %), des Fidji (12,6 %) ou de Maurice (9,1 %). Côté emploi, l'industrie touristique fait travailler 13 550 personnes, dont 2 750 non salariés, soit 4,7 % de l'emploi total de l'île — en dessous de la Guadeloupe (5,4 %) et de la Martinique (6,1 %).
Un dernier chiffre pour les hébergeurs qui hésitent à s'adresser au marché local : un Réunionnais consacre 7,6 % de son revenu à des dépenses touristiques, soit 1 400 € par habitant et par an, exactement comme un ménage de France hexagonale. Le week-end en gîte dans les Hauts n'est pas un marché d'appoint, c'est deux tiers du chiffre d'affaires de la filière.
Ce qu'ils en pensent
Le rapport qualité-prix est le seul point faible réel, et il se dégrade : 70,9 % de satisfaits en 2025, 67,3 % au premier semestre 2026. C'est le signal à surveiller pour qui fixe ses tarifs. À l'inverse, 86,3 % des visiteurs ont envie de revenir et 98,1 % recommandent la destination.
Premier semestre 2026 : une pause, pas un retournement
Le début 2026 marque un fléchissement : 269 153 touristes extérieurs, soit −1,1 % par rapport au premier semestre 2025. Le premier trimestre recule de 3 %, le second repart légèrement (+1,3 %). Mais les recettes progressent de 9,5 % à 250,9 millions d'euros, nouveau record pour un premier semestre : moins de visiteurs, qui dépensent davantage.
Trois mouvements à noter. L'Hexagone tient (225 152 touristes, +1 %, 83,6 % du total). La zone océan Indien décroche nettement (−17,7 %). Et la structure de clientèle bascule : l'agrément passe de 44,8 % à 52,9 % du total pendant que l'affinitaire recule de 46,3 % à 39,2 %. Pour un hébergeur, c'est une bonne nouvelle : la clientèle d'agrément est celle qui loge en marchand.
Ce qu'un propriétaire peut en retenir
- Le meublé est le premier hébergement marchand de l'îleDevant l'hôtellerie depuis six ans, et l'écart se creuse. Le marché est là.
- Les séjours sont longs20 jours en moyenne en location, contre 10 à l'hôtel : viser la semaine ou la quinzaine plutôt que la nuitée.
- Juin est le vrai creux32 185 touristes contre 69 301 en janvier : c'est là que se jouent les tarifs d'appel et les offres longue durée.
- Le rapport qualité-prix est le point de vigilanceSeul critère sous les 75 % de satisfaction, et en recul. Une hausse de tarif doit s'accompagner d'une hausse de prestation visible.
- Près d'un visiteur sur deux découvre l'îleUne fiche claire sur les distances, les temps de trajet et le climat vaut mieux que dix photos de plus.
Comment ces chiffres sont produits
L'enquête de fréquentation touristique est menée par l'Observatoire régional du tourisme auprès des voyageurs au départ, en face à face et en salle d'embarquement, sur tablette. Sur le seul premier semestre 2026 : 179 jours d'enquête, 2 060 vols couverts, 14 762 questionnaires, pour une cible annuelle de 30 000. Les résultats sont redressés sur la structure réelle du trafic aéroportuaire du mois écoulé, par compagnie, destination et aéroport, avec une représentativité annoncée supérieure à 97 %.
Précision de vocabulaire : est comptée comme touriste toute personne effectuant un voyage hors de son environnement habituel pour moins d'un an et passant au moins une nuit sur place. Les excursionnistes de croisière, qui ne dorment pas à terre, ne sont donc pas dans ces chiffres.
Questions fréquentes
Combien de touristes viennent à La Réunion chaque année ?
580 675 touristes extérieurs en 2025, un record en hausse de 4,3 % sur 2024. Le premier semestre 2026 s'établit à 269 153 touristes, en repli de 1,1 %, avec des recettes en hausse de 9,5 %.
Quel est le mois le plus fréquenté ?
Janvier, avec 69 301 touristes en 2025, devant décembre (56 145) et novembre (55 490). Le mois le plus creux est juin, avec 32 185 touristes.
Quelle part de touristes loge en meublé ?
24,3 % en 2025, 28,5 % au premier semestre 2026. La location saisonnière est le premier mode d'hébergement marchand de l'île pour la sixième année consécutive, devant l'hôtellerie classée.
Combien dépense un touriste à La Réunion ?
1 576 € par ménage pendant le séjour, 2 269 € payés avant le départ billets d'avion compris. Hors transport aérien, la dépense globale moyenne s'établit à 2 203 € par ménage, et 2 911 € pour la clientèle d'agrément.
Où trouver les données brutes ?
Sur le site de l'Observatoire régional du tourisme de La Réunion, qui publie les éditions trimestrielles et annuelles de la lettre Tourisme Infos.
À lire aussi
Sources : enquête de fréquentation touristique IRT/MTA, Observatoire régional du tourisme, Île de La Réunion Tourisme — édition annuelle 2025 (février 2026) et édition premier semestre 2026 (août 2026). Capacité d'hébergement : base Soubik au 31 décembre 2025. Poids économique : CEROM, comptes du tourisme 2010-2019 (note de juillet 2022), INSEE, IEDOM, AFD. Programme cofinancé par l'Union européenne et la Région Réunion.
