Parc national de La Réunion : ce que le classement change pour votre séjour
Mis à jour le 19 septembre 2026 · lecture 7 min
Quarante-deux pour cent de l'île sont protégés au plus haut niveau. Cirques, remparts, forêts de tamarins, volcan : presque tout ce qu'on vient voir à La Réunion se trouve dans le cœur du parc national. Voici ce que cela implique concrètement, une fois sur place.
En bref
- Création
- Décret n° 2007-296 du 5 mars 2007
- Cœur du parc
- 105 518 ha, soit environ 42 % de la superficie de l'île
- Aire d'adhésion
- 64 200 ha, communes ayant adhéré à la charte (arrêtés préfectoraux 2015, 2018, 2020)
- Aire ouverte à l'adhésion
- 87 678 ha, communes pouvant encore rejoindre la charte
- UNESCO
- Bien « Pitons, cirques et remparts », patrimoine mondial depuis 2010
- Accès
- Libre et gratuit, toute l'année
Surfaces issues du périmètre officiel 2021 du parc, publié en données ouvertes.
Cœur, aire d'adhésion : deux périmètres, deux régimes
Le cœur est la zone de protection forte : la réglementation y est fixée par décret et s'applique à tous, habitants comme visiteurs. C'est là que se trouvent le Piton des Neiges, l'essentiel de Mafate, les remparts de Cilaos et de Salazie, la Plaine des Sables et l'enclos du volcan.
L'aire d'adhésion réunit les communes qui ont signé la charte du parc : pas de réglementation spécifique, mais un projet de territoire partagé, autour de l'agriculture, du patrimoine bâti créole et du tourisme. Une troisième zone, l'aire ouverte à l'adhésion, recense les secteurs qui pourraient encore rejoindre la charte.
Concrètement, pour un voyageur : votre gîte est presque toujours en aire d'adhésion ou hors parc, vos randonnées presque toujours dans le cœur.
Le périmètre du parc, en carte
Cœur en vert foncé, aire d'adhésion en vert moyen, aire ouverte à l'adhésion en vert clair. Tracé issu du périmètre officiel 2021.
La carte est fournie par un service externe. Elle ne se charge qu'avec votre accord.
Données : périmètre 2021 du Parc national de La Réunion · GeoJSON simplifié · carte complète de l'île
Ce qui est protégé, et pourquoi c'est visible
La Réunion a conservé près d'un tiers de sa végétation d'origine, proportion rare pour une île habitée : forêts de bois de couleur des Hauts, tamarinaies, landes d'altitude, pandanaies. Le parc protège aussi des espèces qu'on ne voit nulle part ailleurs, du pétrel de Barau au tuit-tuit, l'un des oiseaux les plus menacés au monde, cantonné aux pentes de la Roche Écrite au-dessus de Saint-Denis.
La principale menace n'est pas le piétinement mais les espèces envahissantes, végétales et animales. D'où les consignes répétées sur les sentiers : ne rien planter, ne rien rapporter, nettoyer ses chaussures entre deux massifs.
Les règles à connaître dans le cœur
- Rester sur les sentiers balisés ; les hors-sentiers abîment des milieux fragiles et sont dangereux sur rempart
- Pas de feu, pas de barbecue, pas de cigarette en forêt
- Chiens interdits, même tenus en laisse
- Ne rien cueillir, ne rien prélever : plantes, minéraux, bois
- Bivouac uniquement là où il est autorisé, une nuit, du coucher au lever du soleil
- Drones soumis à autorisation
- Déchets remportés, y compris organiques
Ces règles évoluent par arrêté, notamment en saison sèche ou après un cyclone. Avant une randonnée engagée, vérifiez l'état des sentiers et les arrêtés en cours auprès du parc ou d'un office de tourisme.
Randonner dans le parc
Le réseau de sentiers dépasse le millier de kilomètres, dont les GR R1 et R2. Les itinéraires les plus fréquentés traversent tous le cœur : Piton des Neiges depuis Cilaos, traversée de Mafate, Trou de Fer depuis Salazie, enclos du Piton de la Fournaise.
Deux réflexes propres à l'île : partir tôt, car les nuages montent vers 10 h et ferment les panoramas ; et vérifier la météo par massif, qui n'a rien à voir d'un cirque à l'autre le même jour. Le détail des itinéraires et des niveaux est dans notre guide randonnée.
Le cœur habité : Mafate et l'îlet des Salazes
Un parc national avec des habitants à l'intérieur, c'est rare. Le cœur habité du parc réunionnais couvre le cirque de Mafate et l'îlet des Salazes : 750 résidents permanents, plus de 100 000 visiteurs par an, 150 km de sentiers et aucune route. Tout entre et sort à pied, à dos de mulet ou par hélicoptère. C'est le seul territoire de ce type en France, et il pose une question simple à laquelle la réglementation classique ne répond pas : comment accueillir cent mille marcheurs par an dans un lieu où personne ne peut arriver en voiture ?
Les dix portes d'entrée de Mafate
On n'entre pas dans Mafate n'importe où. L'étude conduite par l'Office national des forêts sur les accès au cœur habité recense dix portes d'accès, classées en trois catégories : les accès principaux, véritables portes d'entrée fréquentées et à fort potentiel ; les accès secondaires, moins fréquentés et rattachés aux sites principaux ; les accès isolés, simples points de passage.
| Accès | Commune | Altitude | Caractère |
|---|---|---|---|
| Col des Bœufs et Petit ColAccès majeur | Salazie | 1 850 m | Seul parking gardé de l'île, 120 places, buvette et accueil |
| MaïdoGrand site | Saint-Paul | 2 200 m | Panorama, départ de randonnée, 1 000 m de dénivelé vers Mafate |
| Rivière des Galets et Deux-BrasPorte basse | La Possession | Bas | Entrée historique des Mafatais, potentiel le plus élevé, accès par piste |
| Col du TaïbitTraversée | Cilaos | 2 080 m | Liaison Mafate-Cilaos, passage par l'îlet des Salazes |
| Dos d'ÂnePassage | La Possession | — | Grands randonneurs, sortie de secours en cas de crue |
| Sans-SouciSecondaire | Saint-Paul | — | Desservi par les transports en commun |
| Sentiers Augustave et ScoutIsolé | Salazie | 1 550-1 650 m | Départs depuis la route forestière du Haut Mafate, 13 places de parking |
| Col de FourcheIsolé | Salazie | 1 950 m | Col sur GR, accès uniquement à pied |
Le Col des Bœufs et le Maïdo concentrent à eux deux 66 000 visiteurs par an, très majoritairement les dimanches et jours fériés.
Ce que le diagnostic dit du terrain
L'étude ne fait pas de la communication : elle liste aussi ce qui ne va pas. Côté forces, la notoriété du territoire, les paysages, la densité et le bon état des 150 km de sentiers, les dessertes de bus, le parking gardé du Petit Col, le service de taxis de la Rivière des Galets et un foncier essentiellement public. Côté faiblesses, la faiblesse des aménagements d'accueil, le manque de lisibilité, la fréquence et les horaires des bus, les conflits d'usage sur les zones de poser d'hélicoptère, les points noirs paysagers et la difficulté de certains sentiers d'accès.
Deux constats frappent le randonneur d'aujourd'hui autant qu'en 2010. Le premier : aucun point d'eau sur l'ensemble des portes d'accès, et des toilettes publiques au seul Maïdo. Le second : un seul parking gardé, 120 places, pour une fréquentation annuelle proche de 100 000 personnes. Sa création en 1999 a d'ailleurs fait bondir la fréquentation de l'îlet de La Nouvelle, preuve que l'aménagement de l'accès commande la fréquentation du cirque.
Ce que veulent les randonneurs est documenté : 74 % souhaitent la création de parkings au départ des sentiers et 65 % se disent prêts à payer ce service ; 56 % demandent plus d'informations de durée et de distance sur les sentiers ; 55 % plus d'informations sur les paysages. Interrogés sur leur plus grand regret, 39 % citent la présence de détritus.
Ce que ça change pour votre randonnée
- Partez avec votre eauAucun point d'eau aux portes d'entrée. Le seul ravitaillement fiable sur le Taïbit est l'îlet des Salazes, à 30 minutes du départ du sentier.
- Le Col des Bœufs si vous tenez à votre voitureSeul parking gardé, avec 97 % de satisfaction sur la sécurité des véhicules. Ailleurs, le stationnement est libre et non surveillé.
- Évitez le dimanche au MaïdoSite déjà saturé en semaine, pris d'assaut le week-end et les jours fériés.
- La Rivière des Galets est l'accès le plus bas, pas le plus facilePiste 4x4 jusqu'à Deux-Bras et entrée soumise aux crues de la rivière : à éviter après de fortes pluies.
- Le bus dessert plusieurs portesMaïdo, Taïbit, Dos d'Âne et Sans-Souci sont accessibles en transport en commun, mais la fréquence reste un point faible identifié par l'étude.
Dormir aux portes du parc, ou dedans
Les gîtes de montagne de Mafate et le refuge du Piton des Neiges sont les seuls hébergements situés dans le cœur : réservation obligatoire, souvent plusieurs semaines à l'avance, demi-pension quasi systématique. Partout ailleurs, on dort aux portes du parc, et c'est souvent plus confortable : Cilaos et Salazie pour les cirques, Le Tampon et la Plaine des Cafres pour le volcan, La Plaine-des-Palmistes pour la forêt de Bébour-Bélouve.
Aller plus loin : la charte des vocations
L'aire d'adhésion est découpée en cinq vocations qui orientent ce que chaque secteur peut devenir : naturelle, solidarité écologique, agricole, sylvicole, urbaine. Carte des secteurs, surfaces et conséquences pour un projet d'hébergement.
Voir la charte des vocations ›Questions fréquentes
Quelle surface couvre le Parc national de La Réunion ?
Le cœur du parc couvre 105 518 hectares, soit environ 42 % de la superficie de l'île. S'y ajoutent une aire d'adhésion de 64 200 hectares et une aire ouverte à l'adhésion de 87 678 hectares.
Faut-il payer pour entrer dans le parc ?
Non. L'accès est libre et gratuit. Seuls les hébergements, les nuitées en gîte de montagne et les prestations encadrées sont payants.
Peut-on bivouaquer dans le cœur du parc ?
Le bivouac est encadré : il n'est toléré que sur les emplacements prévus, une nuit, du coucher au lever du soleil, sans feu. Les règles évoluent par arrêté, vérifiez avant de partir.
Le parc est-il classé à l'UNESCO ?
Oui. Le bien « Pitons, cirques et remparts de l'île de La Réunion » est inscrit au patrimoine mondial depuis 2010 ; sa zone centrale correspond pour l'essentiel au cœur du parc national.
Mon gîte est-il dans le parc ?
Rarement dans le cœur, souvent en aire d'adhésion. La carte interactive affiche les deux périmètres en fond, avec les hébergements par-dessus.
